J’ai testé : la boulimie

boulimie-anorexie--imgTCA. Troubles du Comportement Alimentaire.

Les troubles des conduites alimentaires (ou troubles des comportements alimentaires) , se caractérisent par un trouble en rapport à l’alimentation. Cette psychopathologie qui présente sous des formes diverses peut apparaitre à tout âge mais touche principalement les adolescents, notamment les filles. Elle peut être reliée à un autre trouble psychique comme les dépressions, les psychoses (délire d’empoisonnement) ou traduit un fonctionnement borderline et/ou addictif.

 

Ça fait un moment que je voulais écrire cet article, j’ai même eu envie de commencer par ça, parce que parfois, j’ai envie de me présenter ainsi « Coucou c’est moi, je suis une ancienne boulimique ». C’est une part de qui je suis, et on comprend beaucoup de choses sur moi en le sachant. Sauf, que ça met les gens mal à l’aise, ils t’imaginent déjà accroupie sur tes toilettes en train de dégueuler sur tes cheveux. (Raté, j’ai jamais vomis sur mes cheveux de toute ma vie. Même saoule.)

L’anorexie & la boulimie, on en parle souvent. Mais déjà, il n’y a pas que ça comme TCA. Pour ma part, j’ai flirté avec l’anorexie pour finir par m’attacher à la boulimie. Ça a duré 8 ans, 8 longues années de calvaire. Alors ça m’énerve au plus au point quand j’entends des gens dire que tout ça c’est dans la tête, que tu peux t’en sortir super facilement si tu le veux. Vas-y, essaye de te passer de ton smartphone avant d’ouvrir ton clapet. On verra après. Et ça m’énerve encore plus lorsque je vois des filles vantant les mérites de ces troubles…

Voilà la vérité sur la boulimie : Tu manges, sans plaisir, t’ingurgite une quantité normale de nourriture parfois, et une montagne d’immondices d’autres fois. Tu te sens soulagée et coupable en même temps. Tu ne comprends pas. Tu ne cherches pas à comprendre. T’avales. Puis, quand tu te sens pathétique aussi bien psychologiquement que physiquement, tu vas trifouiller le fin fond de ta gorge et tu dégueules. Des fois, ça a du mal à démarrer, alors tu t’acharnes. Des fois, t’as fais l’erreur de manger du nutella, ce truc est la chose la plus atroce au monde à vomir. Des fois, tu penses pouvoir vomir de la crème glacée, sauf qu’une fois qu’elle a fondu à l’intérieur de toi, j’te raconte pas le bordel. Et, un jour, t’es tellement obsédée que tu tentes de vomir une pomme. Ouais, t’as bien lu, tu supportes pas l’idée d’avoir bouffer une pomme. Une pomme.
Et puis, tu sens toujours le vomi, en tout cas, t’en a l’impression. Personne d’autre ne le sent, mais toi t’es persuadée que t’empestes. Quand tu te décides à manger avec tes potes, tu dois trouver des excuses toutes plus stupides les unes que les autres pour justifier les 15 minutes que tu passes systématiquement aux chiottes.

Et, ton corps, il finit par lâcher. T’es toujours fatiguée, t’as la peau terne, tes cheveux tombent, t’es de mauvais humeur constamment, t’as des crampes d’estomac, la gorge irritée, tu craches du sang, tes dents se cassent, t’as des marques de morsure sur les doigts. Tu ressembles à un cadavre.
Mais dans ta tête, c’est encore plus le bordel. T’as honte de toi, mais en même temps quand tu vas mal tu te fais vomir parce que t’as l’impression que ça t’apaise. T’es borderline meuf.
Bah ouais, en fait, c’est ça le fond du problème. T’as cru que tu voulais juste contrôler ton poids… Mais non. T’es tombé dans une spirale parce que tallais mal, t’avais besoin d’un exutoire. Et maintenant ? Bah t’assumes. Ou pas d’ailleurs. Si t’es courageuse, tu cherches de l’aide. Moi, je ne l’ai jamais été à ce niveau là. Mes proches ? Oui, ils l’ont vu, ils m’ont traité de « grosse conne ». Ça c’est fait, merci maman.
Je me suis réveillée un jour, et j’ai vu une fille qui se faisait vomir 7 à 8 fois par jour, qui se pesait au moins 15 fois, qui comptait toutes les calories… Putain, elle avait l’air complétement folle celle-là. Et celle là, c’était moi.
Alors, je me suis dit stop.  « Fastoche, j’peux arrêter, j’ai le contrôle ». La bonne blague. J’ai réussi à réduire à une fois par jour, puis quelques fois par semaine. J’ai pas pu arrêter.

Et, quelques mois plus tard, je suis tomber amoureuse. Il m’a dit « je ne supporte plus de te voir souffrir. Arrêtes. » J’ai arrêté. Je lui en ai voulu, je l’ai hais, je l’ai supplié de me laisser recommencer. Mais il a pas craqué, et du coup, j’ai tenu bon. Il m’a donné du soutien, de la force, et surtout une stabilité.

Pourtant, j’ai toujours peur du moindre gramme supplémentaire sur la balance, j’ai peur des choses que je ne peux pas contrôler, des choses non organisées. On dit qu’il faut le double de sa période de boulimie pour vraiment être guérie. Ça voudrait dire 16 ans pour moi. Je ne suis pas d’accord, on est jamais guérie. On apprend juste à contrôler, pour de vrai cette fois-ci.

Quand la boulimie m’a fait succomber, j’avais peur, j’étais incertaine de tout, j’étais blessée. Elle m’a aidé, de la pire manière qu’il soit, à supporter certaines phases. J’ai grandi avec elle bien que j’aurais préféré ne jamais la rencontrer. Elle m’a donné les mauvaise bases, m’a appris à être impulsive, à réprimer mes sentiments, à souffrir en silence. Aujourd’hui j’ai grandi, et je n’ai plus besoin d’elle. Aujourd’hui j’ai trouvé quelqu’un que j’aurais souhaité rencontrer bien plus tôt. Quelqu’un qui m’apporte ce que j’avais cru pouvoir trouver en elle : une solution.

Cet article ne sert à rien, on est bien d’accord. En plus, il est trop long.

4 réflexions sur “J’ai testé : la boulimie

  1. …soupirs…comme j’ai pu rager aussi après les crétins et les « bien pensants » qui me parlaient de volonté… je suis restée longtemps prisonnière de ces compulsions alimentaires et j’ai l’impression maintenant que c’était une autre vie… je te souhaite sincèrement de ne même plus avoir besoin de contrôler quoi que ce soit et que tout ça soit définitivement derrière toi…

  2. cet article sert bien plus que tu ne le crois… également concernée par cette merde depuis 5 ans, ça fait plaisir de voir que même si tu gardes des traces de tes TCA, tu as su remettre un peu d’ordre pour que cela soit moins handicapant (oui je dis bien handicapant, car si beaucoup pensent « qu’on peut vivre avec, c’est du caprice » , bah ça impacte énormément le quotidien et ça devient de plus en plus insupportable au fil du temps)

    Merci pour cet article !
    (en parcourant ton blog – très intéressant et sympa au passage – je suis tombée par hasard sur cet article auquel je n’ai pas pu m’empêcher de réagir)

    • Merci pour ton commentaire, pour X raisons j’avais vraiment besoin d’entendre ce genre de chose aujourd’hui.. alors merci. Et courage pour tes TCA, c’est tellement difficile de vivre avec, et tout autant difficile de s’en débarrasser, mais ça en vaut la peine. Ça impacte énormément sur le quotidien, et le moral et ceux qui pensent qu’on peut vivre avec, ou qu’il s’agit que de volonté on tord. C’est dangereux, et c’est loin d’être une partie de plaisir de vivre avec, alors si on pouvait s’arrêter aussi simplement, on le ferais.
      J’espere que ton déclic arrivera bientôt et que tu pourras te libérer de ça, parce que bordel qu’est ce qu’on est mieux après tout de meme🙂

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